mercredi 11 mars 2009

Daou soudard saoz lazhet


Daou soudard saoz zo bet lazhet disadorn da noz, e Massereene, da 25 km eus Belfast. Ouzhpenn an daou soudard bet lazhet gant tennoù mindrailherezigoù, e vefe bet gloazet daou soudard saoz all ha daou zegaser pizza a oa o kas boued d'ar c‘hazarn. Embannet en defe ar strollad "IRA-gwirion" bezañ kiriek eus an tennoù. Un disrann eus Arme Republikan Iwerzhon eo "IRA-gwirion" bet savet e 1997. Anavezet eo evit bezañ aozet unan eus grevusañ gwalldaolioù Iwerzhon, e Omagh e miz Eost 1998, a lazhas 29 den. Diouzhtu eo bet gouarnamantoù Londrez, Dulenn hag hini Norzh Iwerzhon oc‘h embann e oa aze un dagadenn a-enep argerzh ar Peoc'h en Iwerzhon. Abaoe Mae 2007 emañ ar Sinn Féin hag ar Strollad unanour demokratour bodet e gouarnamant Norzh Iwerzhon. "Fellout a ra dezho distruj argerzh nevez ar Peoc'h ha degas ar brezel en-dro en Iwerzhon" eme Gerry Adams, prezidant Sinn Féin, diwar-benn aozerien ar gwalldaol.

mardi 10 mars 2009

La destruction de la langue bretonne

Malgré les très républicaines précautions du spécialiste de la langue bretonne qu'est le communiste français François Broudic, elles n'enlèvent rien au panorama apocalyptique que dresse son rapport "Parler breton au XXIème siècle".

28% de locuteurs en moins sur une période de 10 ans. Un passage de 250 000 à 170 000. La région de fait se contente d'inaugurer les chrysanthèmes. En vérité aucune politique à la mesure de l'enjeu n'est prise, car aucun acteur politique ne considère en Bretagne que la langue bretonne soit une question d'importance. Tout au plus un petit souvenir sympathique. Ce qui entraîne un budget ridicule, une stratégie globale inexistante, une détresse de nombreuses familles victimes des persécutions de l'état malgré des luttes courageuses, dans l'indifférence des nouveaux zélateurs de la "diversité".

Le rapport de l'Office de la Langue Bretonne est encore plus implacable. Il compare le Pays Basque Nord et l'Alsace à la Bretagne. 

En 2008 la Bretagne a ouvert dans l'enseignement public 2 écoles. C'est 12,5 fois moins qu'en Alsace. Pour être au même niveau il eut fallu en ouvrir 25 cette année. 

En comparaison du Pays Basque Nord, pour être au même niveau, la Bretagne aurait dû ouvrir 200 sites sur les 4 dernières années, soit 50 par an. Le nombre d'ouverture de classes bilingues est ainsi 25 fois moins important sur l'ensemble de la Bretagne historique. 

Ainsi depuis 1999 le taux d'écoles bilingues sur le total des établissements publics est passé de 17% à 29%, ce taux est passé de 3% à  8% en Alsace, en Bretagne il est passé de 2% à 2,1% !!!

L'augmentation  est de 40% pour le Pays basque, de 166% pour l'Alsace mais de 5% pour la Bretagne !

En 2008 le nombre d'ouvertures de classes est tombé à 3, un des pires résultats jamais enregistrés à comparer avec les 15 ouvertures en 2000 et les 8 de 2007 déjà très en dessous de nos homologues basques et alsaciens.

L'office précise qu'en satisfaisant simplement la totalité des demandes enregistrées, ce serait une augmentation de 100% des effectifs qui aurait lieu. 

On constate donc que c'est l'immobilisme des élus bretons, singulièrement médiocres et muets comme à leur habitude malgré de singulières exceptions, et l'obstruction déterminée de l'Education Nationale française qui est à l'origine de cette absence de croissance et donc de la mort de la langue.

Le taux d'établissements publics bilingues est 4,5% dans le Finistère, terre historiquement très brittophone, soit 6 fois moins que le Pays Basque Nord.

Si les cours du soir ou par correspondance existent pour les adultes, chacun comprend bien que c'est dès les premières années qu'un plan de développement viable pour la langue bretonne peut assurer des résultats décisifs chez les bretons. En d'autres termes, c'est par l'existence d'un enseignement bilingue officiel doté d'un budget à la hauteur de l'enjeu que l'on peut espérer sauver le breton. Ajoutons à cela une stratégie de développement des sites bilingues en concertations avec tous les acteurs.

Si c'est ce que la logique indique, la réalité nous démontre que l'état français et les élus bretons pratiquent par conviction pour le premier, par médiocrité et suivisme pour les seconds, une politique de génocide de la langue bretonne.

Seules des actions organisées à l'encontre des organisations faisant barrage au développement de l'enseignement bilingue seraient à même d'infléchir la politique d'élimination de la langue bretonne. Ces organisations sont naturellement l'Inspection académique et le rectorat. 

Le dévouement des acteurs ne pourra rien si les décisions budgétaires et stratégiques à la mesure de la question ne sont pas prises. Aucun développement non rationalisé, basé sur le seul bénévolat et la non coordination ne peut mener à un changement de perspective global.

Pour reprendre le propos de Jean Yves Cozan: "On ne frappe pas un chien qui mord". Il faut donc frapper et frapper fort. La cause de la réunification est certes sympathique, mais elle ressemble également à un exutoire pour beaucoup de monde. La situation du breton dans l'enseignement est à un moment charnière.

Le choix est simple: se battre ou disparaître.

Lire le rapport:

http://www.ofis-bzh.org/upload/travail_paragraphe/fichier/191fichier.pdf

jeudi 5 mars 2009

Les avantages d'une éducation bilingue et plurilingue

Source : Agence Culturelle Bretonne de Loire-Atlantique
Porte parole: Yves AVERTY
Publié le 5/03/09

NANTES/NAONED — L'Agence Culturelle Bretonne de Loire-Atlantique Morvan Lebesque et Diwan Savenay proposent deux conférences-débats avec le professeur Gilbert Dalgalian sur « Les avantages d'une éducation bilingue et plurilingue » à Nantes et à Savenay.

Linguiste, enseignant, ancien directeur pédagogique de l'Alliance Française à Paris et auteur de « Enfances plurilingues, Témoignage pour une éducation bilingue et plurilingue » (Editions l'Harmattan) et de « Reconstruire l'Education » (Editions du Temps), Gilbert Dalgalian nous montre que tout enfant devenu bilingue dans une ambiance d'affectivité positive acquiert par-là même la capacité d'apprendre d'autres langues avec aisance et rapidité.

Successivement instituteur à Paris, enseignant de français langue étrangère à Calcutta et Berlin, professeur d'allemand et chercheur didactique des langues à Zurich, docteur en linguistique (université Nancy II), formateur d'enseignants au Sénégal, en Côte d'Ivoire (UNESCO) et à Munich, puis de plus en plus actif dans les domaines de l'ingénierie éducative et des apprentissages précoces de langues, Gilbert Dalgalian fut, entre deux postes à l'étranger, Directeur pédagogique de l'Alliance Française de Paris de 1983 à 1988. Son parcours l'a conduit non seulement à remettre en question les conditions actuelles de l'enseignement des langues, mais aussi à prôner l'ouverture tous azimuts de l'école : sur le milieu, sur les technologies nouvelles, sur l'action et le développement, sur tout ce qui est utile, fait plaisir et donne du sens à l'éducation.

A propos de la conférence :

Parler différentes langues est une richesse, en apprendre plusieurs c'est multiplier ses chances. Une éducation bilingue est possible pour nos enfants.

Comment peuvent-ils en bénéficier en Loire-Atlantique? Je parle une autre langue que le français, dois-je la parler avec mon enfant? A quel âge doit-on commencer à parler plusieurs langues? Quels sont les avantages du bilinguisme précoce? Un couple monolingue peut-il offrir à son enfant une éducation bilingue? Etre confronté à plusieurs langues n'entraîne-t-il pas une confusion? Que dit l'Education Nationale? Des réponses à ces questions seront données lors des deux conférences.

Renseignements pratiques :

- le mardi 24 mars, à 20h30, à Nantes. Salle Jules Vallès, Espace Jacques Demy, 24 quai de la fosse. (Tramway ligne 1, arrêt Médiathèque) Participation aux frais : 2 Euros. Proposé par l'Agence Culturelle Bretonne de Loire-Atlantique

Contact : 02 51 84 16 07 ou acbml at free.fr et www.acb44.com

- le mercredi 25 mars, à 20h30, à Savenay, au Complexe Polyvalent, Direction du Parc de la Soubretière. Participation aux frais : 2 Euros. Proposé par le Comité de soutien à Diwan de Savenay.

Contact : 06 03 76 07 95 ou diwan.savenay at gmail.com et www.diwan44.org ■

Se sauver du naufrage français

"Le taux d’endettement de la France devrait s’approcher de 80 % du PIB à la fin de l’année 2010 a annoncé le premier ministre François Fillon. Le taux, actuellement de 66 % du PIB, augmenterait de sept points par an jusqu’en 2010, la dette dépasserait alors les 22 000 euros par Français.

«Personne aujourd’hui ne peut savoir quand on sortira de cette crise. Ce qu’on sait, c’est que toute l’année 2009 sera une année de crise.», a affirmé François Fillon. La ministre de l’économie, Christine Lagarde, avait évoqué la veille le chiffre de 1,5 %.«Ces chiffres sont moins mauvais que la plupart des pays européens et les Etats-Unis.», a souligné M. Fillon, jugeant que l’entrée plus tardive de la France en récession résultait de la politique du gouvernement.

Le cabinet du ministre du budget, Eric Woerth, avait indiqué lundi que le seul déficit de l’Etat devrait dépasser 100 milliards d’euros cette année, ce qui équivaut à plus de 5,2 % du PIB. A cela s’ajouteront les déficits de la Sécurité sociale et des collectivités territoriales, creusant encore le déficit public, qui devrait flirter avec 5,5 % du PIB, un chiffre comparable aux dernières prévisions de la Commission européenne (5,4 % du PIB)."

Le Figaro

Bien sûr c'est "la crise" qui créé les déficits, et elle seule. La France étant comme tout le monde sait largement excédentaire l'an dernier et n'ayant aucun problème de trésorerie. La France est aussi entrée en récession "bien après les autres", comme le nuage de Tchernobyl. La presse française participe bien sûr de ces mensonges d'état, les chiffres plus sérieux de 6% de déficit étant annoncé par des gens qui, eux, ne sont pas payés par l'état. A l'inverse de la presse française qui touche chaque année 1 milliard d'euros de l'état pour service rendus.

La dictature républicaine, en sortir, c'est s'en sortir.

mercredi 4 mars 2009

Racisme français contre les joueurs bretons de Plabennec

“La lettre est arrivée à la rédaction de France Football à la mi-décembre. Trois pages d’accusations graves proférées envers l’AS Orly (DH) rédigées par le président de Plabennec, Hervé Foll, après le 8e tour de Coupe de France qui a opposé les deux formations.

Extraits : « Des menaces touchant à l’intégrité de nos joueurs ont été proférées : “Sale Blanc”, “on va te faire la peau” ou autre “sale Breton”. Est-il normal que notre équipe doive s’enfermer dans les vestiaires et attendre la protection de la police ? Est-il normal que l’arbitre n’ose pas faire de remarques aux joueurs d’Orly ? » La lettre regorge d’autres sérieuses accusations.


http://kop-breizh.niceboard.com/skipailh-breizh-la-selection-bretonne%20-f2/cas-de-racisme-anti-breton-dans-le-football-t384.htm

Le Championnat de Bretagne de Football Gaélique continue

Source : Ligue Bretonne de Football Gaélique
Porte parole: Ronan Kerléo
Publié le 23/02/09

NANTES/NAONED — Le Championnat de Bretagne de Football Gaélique continue avec la deuxième journée prévue à Nantes, le samedi 28 février. Ce tournoi était initialement prévu le 13 décembre dernier mais il a été annulé pour cause d'intempéries. Les Abeilles nantaises accueilleront les clubs bretons au Stade du Petit Breton, à partir de 13 heures. Espérons que le beau temps soit au rendez-vous cette fois-ci.

Le tournoi sera précédé par l'Assemblée Générale Extraordinaire de la Ligue Bretonne de Football Gaélique. Elle se tiendra de 9 h 30 à 11 h 30, à la salle d'accueil du Stade du Petit Breton.

Infos pratiques :

Lieu : Stade du Petit Breton, 
14 rue de la Durantière
à Nantes 
Horaires : 13 heures à 19 heures 
Entrée libre, venez nombreux

Classement du Championnat de Bretagne après la 1ère journée :

1. Liffré....................... .25 pts
2. Nantes.......................20 pts
3. Rennes......................16 pts
4. Vannes......................14 pts
5. Brest.........................10 pts
6. Saint-Quay-Perros..... 0 pt ■

mardi 3 mars 2009

Jean Yves Cozan appelle à la "Breizhistance"

Source : Le blog de Erwan Chartier-Le Floc'h 
Porte parole: Erwan Chartier
Publié le 3/03/09

OUESSANT — Vous avez été député, vice-président du conseil général du Finistère puis du conseil régional de Bretagne. Où en êtes-vous aujourd'hui ?

Après trente ans de mandats, je viens d'être réélu conseiller général du canton d'Ouessant. Je pense être élu pendant trente ans encore. J'aurais alors 99 ans, c'est un bon âge pour arrêter.

Justement, on parle de supprimer les cantons ?

À mon sens, les cantons vont subsister, car ils sont la base des départements qui ne vont pas être supprimés tout de suite. Ils sont une structure pratique pour l'État en matière de maintien de l'ordre. Je me considère comme régionaliste, autonomiste voire indépendantiste breton, mais je constate qu'en deux siècles, certains départements ont une histoire, et qu'ils continuent à être des structures de proximité. Devoir se rendre à Rennes pour traiter de différents dossiers serait problématique pour les Finistériens ! D'autre part, on a donné aux départements une compétence, l'action sociale, dont personne ne veut et qui va continuer à être gérée par cette structure. Enfin, je suis attaché au département du Finistère parce qu'il est beau.

Et la proposition de transformer les conseillers généraux et régionaux en conseils territoriaux ?

J'ai entendu qu'il y avait trop d'élus locaux. C'est n'importe quoi et antidémocratique ! Les élus locaux sont des relais, notamment pour les personnes les plus fragiles. Ils contribuent au tissu social, et ils constituent un maillage précieux pour répondre aux besoins de proximité. Comme tous les élus, je vois tous les jours des personnes qui viennent me demander de résoudre des problèmes, et je peux vous dire que nous ne sommes pas de trop vu l'état actuel de la société !

Vous pensez donc que le département est toujours pertinent ?

Historiquement, je constate que la France n'a jamais réussi à mettre en place des structures administratives qui répondent aux attentes des populations. On a toujours ajouté des échelons, et on n'en a jamais supprimé… Les départements risquent donc de durer encore ! Pour paraphraser Stendhal, je dirai que les habitudes priment sur les sentiments. Les gens ont peur du changement, c'est pour cela que l'on voit autant d'hostilité envers le rapport Balladur, alors que personne ne l'a encore lu, et qu'il contient sûrement des choses intéressantes.

Quel regard portez-vous sur l'évolution des institutions régionales ?

Je rappelle qu'il existe une loi de 1871 qui permet aux départements de s'unir pour lancer des politiques d'investissement. Par le passé, on aurait pu imaginer qu'il aurait été possible de créer une conférence interdépartementale entre les cinq départements bretons, mais cela ne s'est jamais fait, car les intérêts locaux et particuliers ont toujours pris le dessus. Ensuite, il y a eu les CODER dans les années 1960. C'était une hypocrisie totale, car ils étaient totalement manipulés par l'administration française. On a aussi créé des régions sans âme, dont les Pays-de-la-Loire sont un exemple parfait…

La région Bretagne n'est pas sans âme ni fonds historique et culturel ?

Certes, mais il faut voir qui dirige et qui siège au conseil régional. La plupart des conseillers régionaux sont des recyclés des partis politiques, des gens qui n'ont pas réussi à se faire élire ailleurs et qu'on envoie là, alors qu'ils n'ont guère d'idées pour faire avancer la Bretagne. Pas tous bien sûr, mais la médiocrité de pas mal d'élus régionaux pose un réel problème.

D'autre part, dans les années 1970 et 1980, la région Bretagne a été dirigée par des hommes politiques d'envergure, avec une rotation entre les départements : on a eu Pleven, Marcellin, Colin puis Bourges. On peut en penser ce qu'on veut, mais c'était des images de la vie politique bretonne, de vraies personnalités.

Puis, on a eu Josselin de Rohan qui était nettement en dessous.

Depuis, on a Le Drian que j'estime et qui fait ce qu'il peut. Ainsi, en matière culturelle, il y a de bonnes choses. Je vois que certaines structures que j'avais contribuées à mettre en place entre 1998 et 2004, continuent à bien fonctionner comme, par exemple, l'office de la langue bretonne. Cela étant, on peut se demander s'il s'agit de la politique culturelle d'une collectivité bretonne ou française. Doit-on faire comme dans les autres régions françaises ? Bien sûr que non.

Le conseil régional dépend des hommes qui le constituent. S'il n'y a pas d'ambition, la Bretagne ne bougera pas.

Vous ne semblez guère croire à une évolution des collectivités territoriales telle que semble l'annoncer la commission Balladur…

Dans ma carrière, j'ai remarqué qu'il y avait un moyen imparable pour faire échouer un dossier, c'était de dire publiquement que le projet était très bon et qu'il serait adopté sous réserve - j'insiste sur l'expression « sous réserve » - de son approbation par la commune, la communauté de commune, le conseil général, le conseil régional et les services de l'État. Lorsqu'on voulait être vicieux, on rajoutait les fonds européens… En attendant que tout ce petit monde se mette d'accord, le dossier était enterré pour vingt ans !

Balladur dit qu'aucun changement territorial ne sera effectué sans l'accord des différentes assemblées concernées… Je vous laisse en tirer les conclusions que vous voulez.

Vous n'êtes guère optimiste donc pour une éventuelle réunification de la Bretagne ?

Je ne suis ni optimiste ni pessimiste. Sur cette question, je vois beaucoup d'hypocrisie. Les hommes politiques trichent souvent et je suis certain que des personnalités qui se déclarent aujourd'hui publiquement pour la réunification y sont beaucoup moins favorables que çà en leur fort intérieur. Sans compter les blocages des administrations qui veulent que rien ne change. Lorsque j'étais à la région, je me souviens du sabotage de différentes initiatives en faveur d'un dialogue avec mes homologues des Pays-de-la-Loire par les propres services du conseil régional…

Que faire alors ?

Il faut faire des choses ! Avancer, bousculer, multiplier les initiatives, aller aux manifestations et, surtout, réapprendre à se connaître entre Bretons de haute et de basse Bretagne, du littoral et de l'intérieur, de Nantes et de Brest. En se connaissant, en voyageant en Bretagne, nous ferons émerger une véritable conscience collective. Et çà, le système en a peur. Cela viendra des gens, pas des élus. Cela ne suffira sans doute pas. Je ne pense pas que les choses se fassent naturellement, et que le bon sens s'impose tranquillement. Mon expérience m'apprend qu'il faut parfois y aller fort pour obtenir certaines choses. Ce qui se passe aux Antilles en ce moment l'illustre bien ! La réforme territoriale et la réunification de la Bretagne sont de bonnes initiatives, et je les soutiens. Mais, pour les obtenir, il faudra passer par des actes symboliques forts et prophétiques. Je ne pense pas qu'une évolution douce soit possible, il va falloir une rupture.

Qu'entendez-vous par rupture ? Des actes sortant de l'illégalité ?

Ici, il faut d'abord être clair : le droit n'est que le résultat d'un rapport de force social. Et que dire de la violence institutionnelle, celle de l'État, de la misère sociale, du chômage… Pour obtenir des choses, il ne faut pas hésiter à aller loin. C'est parce que les agriculteurs bretons ont pris une sous-préfecture d'assaut qu'on a obtenu des routes et un port à Roscoff, non ? La Bretagne est respectée parce qu'on sait que les Bretons sont parfois prêts à revendiquer, à « gueuler » et à dépasser certaines « limites ». Pour obtenir la réunification, il faut donc passer à des actes forts qui recueillent l'approbation d'une large part de la population. Par exemple, les forces de l'ordre ne craignent qu'une chose, les occupations de bâtiment parce que c'est très difficile à gérer et à faire évacuer. Je dis donc qu'il n'y a qu'à s'installer un vendredi soir à la préfecture de région de Nantes et au conseil régional des Pays-de-la-Loire et prendre en otage quelques jours le préfet… À mon avis, cela devrait débloquer les choses !

Rien que çà ! On ne frappe que les chiens qui se couchent, pas ceux qui mordent ! ■

lundi 2 mars 2009

Vers le fédéralisme français



Dans cet article, le mouvement de Jeunesse du Bloc Breton (section régionale du Bloc Identitaire, classé à l'extrême droite), "Jeune Bretagne", propose un programme fédéraliste dont il ferait en Bretagne une certaine profession de foi ou à tout le moins une piste de réflexion doctrinale.

Cependant dès le premier instant on voit que deux termes se chevauchent: "Fédéralisme européen" d'une part et "fédéralisme identitaire de l'autre", ces deux idées étant censées avoir valeur de synonymes ou presque.

Le détail des propositions pose pour nous un problème. En effet s'y mêlent "régions", "patries charnelles", "fédéralismes européen intégral" et critiques du modèle jacobin. C'est pour nous assez confus. Car les différents concepts présentés dénotent d'une certaine incompréhension de ces notions.

Qu'entend on par fédéralisme européen tout d'abord ? Est-ce celui qui de facto existe dans les pays composant l'UE (que l'on songe au Royaume Uni, à l'Espagne, aux réformistes italiens, à l'Allemagne, etc.) ou bien serait ce un projet politique à part entière, normatif, qui aurait valeur de programme ? Existent ils des forces qui le représentent au niveau européen ? Cette idée dans ce texte repose par ailleurs sur la fameuse "Europe des régions", une Europe qui ne connaîtrait donc aucun échelon intermédiaire.

Il y aurait donc un "fédéralisme européiste" que complèterait un régionalisme intégral.

Hors l'idée même de "région" est très peu européenne en ce sens qu'en Europe, à l'exception de la France, on comprend un ensemble dans sa perspective historique et ethnique. Le terme "région" est une invention jacobine qui a l'aspect idéologiquement utile d'évacuer les questions d'identité, ou plutôt d'appartenance ethnique à des peuples dont fait tout pour qu'il disparaisse. Car en France toute référence à un ensemble communautaire ethnique est un crime de lèse majesté en soi vis à vis des "valeurs républicaines".

Le terme "région" ou "régionalisme" propose donc un certain partage de responsabilité. Mais une "région" n'est qu'une zone géographique. Prenons la carte des "régions de France", la plupart du temps ce sont des créations issue de la tradition rationnaliste française et maçonnique avec lequelles on a essayé d'effacer toutes traces du monde ancien, traditionnel. Les logos abstraits renforçant l'ambiance générale. La Provence ou la Corse ayant été effacées par "PACA" ou bien la Flandre par "Nord Pas de Calais". La région est donc conforme à l'esprit universaliste français: il met en valeur le contenant, l'espace géographique contre le contenu, les communautés ethno-historiques.

En Europe, à l'exception de la France républicaine universaliste, une nation est une communauté ethnique dans son entier. Le peuple allemand forme la nation allemande comme le peuple serbe forme la nation serbe. La Roumanie a ainsi une citoyenneté roumaine mais des nationaux ethniques hongrois, serbes, etc.

Tout ceci pour dire que la région n'est pas un gage d'identité puisque le concept en lui même est anti-ethnique. Construire une Europe sur ce principe, en faire la "brique" du mur Européen serait tout simplement le plus sûr moyen de ne pas trouver d'interlocuteurs dans les autres pays. La région est en fait une simple unité administrative mais qui peut de par sa taille et selon le pays  varier considérablement: la Bretagne est une région de la taille de la nation estonienne, la ville de Hambourg une région de la taille de la nation luxembourgeoise.

Le critère de base, la substance essentielle, reste donc la nation ethnique. Fédéralisme européen ne signifie donc pas par nécessité "régionalisme" en tant que cette entité aurait la taille critique pour être le socle d'une Europe politique unifiée. C'est le peuple comme communauté ethnique qui est la base réelle, charnelle, de l'Europe.

La vraie question en réalité n'est pas le fédéralisme européen, qui est un pléonasme, l'Europe étant par obligation une fédération, mais la nature de ce fédéralisme, son essence et les réformes à faire dans chaque pays pour obtenir une convergence politique européenne à même de se sublimer en un ensemble continental uni.

Le texte de Jeune Bretagne pour intéressant qu'il soit aurait plus sûrement dû poser la question du fédéralisme en France et de la définition ou de la redéfinition de la "nation française" jusqu'à lors compris comme unitaire et non ethnique. Le fédéralisme identitaire est il nécessaire en France et si oui en quoi transforme t'il les notions nationales et quel est son rapport avec l'européisme ?

Il faut donc déjà plutôt que de parler de "régionalisme" en France qui mettrait confusément dans le même sac le folklore poitevin et le nationalisme corse, oser évoquer une redéfinition de la France dans une optique culturellement européenne, donc sur base ethno-nationale avec des ensembles et des sous ensembles. N'ayons pas peur de dire que la Nation française a de ce point de vue une révolution intellectuelle à faire. Puisqu'il s'agit ainsi de repenser l'Europe en tant qu'européen, les critères des états nations ne peuvent en aucun offrir le moindre secours. Puisque l'Europe est le but, c'est l'Europe et l'idée identitaire européenne qui doit alimenter la réorganisation politique du continent et singulièrement de la France républicaine.

Elle devrait tout d'abord admettre qu'elle est pluri-nationales, que les nations corse, basque, bretonne, allemande, catalane et flamande vivent sur son sol. Elle devrait aussi prendre en compte le facteur linguistique qui est le sien entre ses dialectes d'oïl et d'oc et ses langues nationales dans sa refondation identitaire. Pour voir la France d'un oeil neuf, il faut donc regarder le seul critère ethnique qui vaille: une carte des langues de France.

On verrait alors des ensembles homogènes ayant parfois un passé parlant: Bourgogne, Bretagne, Corse. Parfois ces entités n'ont jamais eu de réalité politique. Mais ce réenracinement aurait pour vertu de rompre définitivement avec l'idéologie comme facteur de définition de l'appartenance à la France et les désagréments que ce genre de présupposés progressistes engendrent.

La nécessité d'un programme politique d'unification européenne est certainement une évidence. Et il certain que les mouvances nationalistes ou ethno-communautaires y ont un rôle prépondérant à jouer car l'Europe n'a d'existence que dans ce qui la fonde comme entité regroupant tous les individus de culture et de souche européenne dont les ethnies, les peuples, c'est à dire les nations sont la base.

Mais avant d'aller aussi loin, il faut admettre que c'est bien la France qui de par sa constitution même est profondément opposé à cette idée d'Europe. Pour elle l'Europe n'est pas une réalité populaire et historique, mais une idéologie reposant sur des valeurs compatibles avec son universalisme. Admettons que l'Europe accepte de se définir comme ayant un héritage chrétien et nous verrions la Franc progressiste, républicaine et maçonnique réfléchir à deux fois avant de continuer l'aventure. Tant qu'être européen n'est qu'un serment de respect de valeurs plus ou moins démocratiques, cela ne gêne guère Paris et ses ligues de vertu. Le jour ou cela sous entend d'appartenir à un ensemble humain particulier et non plus à une vérité idéologique universelle, la France est de facto hors course.

Tout cela pour dire qu'il faut donc bien saisir qu'une Europe unie, fédérale est nécessaire, mais que pour cela les états qui la composent doivent être par nature les expressions des individualités européennes. Force est de constater que la France combat cette évolution. Les européens de France doivent donc s'atteler plus qu'à des déclarations d'intention, proposer concrètement EN FRANCE ce qui peut faire évoluer l'état actuel et le mettre en compatibilité avec l'idée européenne comme ensemble culturel, ethnique et civilisationnel cohérent et particulier.

Nous disons donc à Jeune Bretagne d'oser le terme de "fédéralisme français" qui indique plus clairement l'intention et de ne pas confondre "fédéralisme" avec "régionalisme" produit de l'école géographique française jacobine. Le "fédéralisme identitaire" a donc une pertinence s'il est placé dans son cadre français.

Cette cohérence doctrinale est essentielle pour faire la part des choses et être à même de proposer un programme cohérent. Jeune Bretagne et d'autres gagneront donc à mettre en avant le terme de "fédéralisme français", assumant en outre la plurinationalité du pas à l'instar du Royaume Uni ou de l'Espagne. Nul jusqu'à présent n'ose le faire, et pour cause: cela serait révolutionnaire.

Poussons même la logique plus loin, si la base est la nation et l'ensemble l'Europe, alors l'intermédiaire est l'ensemble culturel. Associer les ensembles culturels dans des structures intermédiaires équilibrant le rapport de force entre grosses et petites nations au sein de l'Europe.Les  anglo-celtes peuvent ainsi dans une sorte de conseil anglo-celtique faire valoir leurs intérêts au niveau européen, on verrait ainsi la Bretagne cotoyer l'Angleterre et l'Irlande. Cla existe déjà avec le conseil nordique. L'Allemagne étant en elle même une assemblée germanique, elle se suffirait amplement à elle même. Il  y aurait aussi un ensemble néerlandais allant de Lille à la Hollande, etc. 

La constitution américaine offre enfin un bel exemple de constitution équilibrant ces ensembles avec des nations fédérées représentées en fonction du poids démographique à l'assemblée et des ensembles culturels bénéficiant d'un nombre de sénateurs égal par nations au sénat pour éviter un déséquilibre en faveur des grands groupes nationaux.

Voilà un projet clair, neuf, identitaire et fédéral intégrant ethnisme national et démocratie réelle.




Guadeloupe: l'incroyable hypocrisie



Dans l'affaire Guadeloupéenne, nous avons eu un bal extraordinaire de faux culs. C'était pourtant un dossier emblématique de l'archaïsme français qui avait l'avantage de poser les questions qui fâchent. Sur place une société de type coloniale à connotation suprémaciste: des Blancs et des métis détenant la réalité de l'économie et des Noirs étant là dedans la masse docile du patronat. On a vu rapidement la presse française se taire magistralement sur la réalité des Békés, consentant modestement à pleurer sur un certain "racisme". Le président français et quelques officiels évoquant une situation "anachronique" qu'il faut faire, jurent-ils, évoluer.

Pourquoi une telle indulgence ?

La République a tenu sa presse en laisse, elle d'habitude si prompte à dévorer à belle dent n'importe quel raciste supposé ou réel. La République sait bien en effet que le racisme a ses utilités, elle sait faire dans la ségrégation quand ses intérêts le lui commandent et ce dans la grande tradition de l'hypocrisie française: "Touches pas à mon pote" à Paris, "Touches pas à ma colonie" en Guadeloupe. Si les Békés étaient expulsés, ou neutralisés économiquement par une redistribution des terres et une fin des monopoles, la France aurait devant elle l'assurance que la dépendance monopolistique qui attache ces îles à elle diminuerait dangereusement: en clair en coupant ce lien ombilical, ces pays entreraient en voie de pré-indépendance de facto. Les Békés sont la colonne utile du colonialisme républicain.

Cette république n'a pas d'autres politique en Nouvelle Calédonie ou en Polynésie. Une politique coloniale ouvertement raciste. Ou sont notre HALDE, SOS Racisme, Licra, MRAP et consorts pour dénoncer cette réalité ? Avouons que tout ce qui n'a pas un potentiel médiatique parisien exploitable par le petit personnel d'état français est très peu intéressant même si aujourd'hui et bien avant la question des banlieues, ce sont bien ces pays colonisés qui offrent le spectacle affligeant du racisme d'état en plus de ce qui se passe en Corse, en Euskadi ou en Bretagne.

Car la France entretient avec la Guadeloupe et d'autres îles une économie similaire à celle des colonies d'antan, mercantiliste, qui impose un monopole national à ces territoires: on fait venir à grand frais de l'essence depuis la France alors que le Venezuela est tout proche. Et c'est ainsi pour quantité de biens. L'inefficacité colbertiste y est caricatural. Le simple fait d'ouvrir la concurrence dans ces îles aurait pour première conséquence d'assurer une baisse des prix et l'arrivée de nouveau capitaux. L'île de Saint Martin est un exemple emblématique: le nord français est pauvre et déserté, alors que sud hollandais est pris d'assaut par les touristes étrangers qui y laissent leurs devises par paquet. Les casinos fleurissent et les nuits y sont chaudes. La raison en est simple: la partie hollandaise est autonome et défiscalisée. L'état français là bas est de par son archaïsme parisien le premier responsable de cet échec économique.

Mais par delà ces questions se pose celle de la cohérence.

Car Domota le leader du LKP fait partie des grands profiteurs du système colonial français. Il est fonctionnaire et très bien payé. Ce que personne ne dit c'est qu'il y a, comme en France, un état dans l'état, une société à deux vitesses: le patronat et les fonctionnaires protégés d'un coté et la société civile de l'autre qui en Guadeloupe en est réduit aux expédients. Seuls les 40% de fonctionnaires de l'île sont à peu près protégés. Mais leur grand nombre assure qu'au moins un d'entre eux est présent dans une famille et donc rend celles du pays presque prisonnières de la logique de l'étatisation économique. Le RMI et les aides sociales parachevant l'assistance généralisée qui décourage l'initiative et paradoxalement conforte les réflexes coloniaux.

Car pour être colonisé, il faut être deux: le colonisateur et le colonisé. Et le colonisé en Guadeloupe n'a demandé à aucun moment la liberté de prendre son destin en main. C'est Nicolas Sarközy en pragmatique qui a posé la question du statut général de ces pays répartis autour du globe sous dépendance française. Domota a milité pour renforcer la dépendance de l'île en faisant payer les puissants à savoir l'état et les patrons. En vérité il s'agit d'une grogne de nourrisson affamé et non d'un jeune adulte aspirant à l'indépendance que lui confère sa nouvelle majorité.

Les grands sacrifiés du conflit seront bien sûr et comme toujours les petits artisans et commerçants (sans parler de la jeunesse), bref les acteurs qui ont le courage de prendre des risques en dehors de la routine confortable des rentes publiques. C'est elle qui va licencier car sa trésorerie a souffert et c'est elle que l'on accusera de maltraiter ses employés.

Nos indépendantistes sont en vérité de grossiers auxiliaires de la colonisation qui ont certes le courage de l'affrontement mais pour des thématiques typiquement colonialistes françaises. Le président du conseil général de Guadeloupe est indépendantiste ! Connaissez vous une colonie anglaise qui ait eu à sa tête un séparatiste désigné par Londres pour gérer les affaires courantes afin de maintenir le pays au sein de l'empire ?!

La vérité est que personne dans ces îles ne veut sortir du système France. Même les virulents indépendantistes se gardent bien d'user du terme "autonomie" sérieusement: il menace par trop la logique de l'assistance. 200 euros est l'horizon indépassable de leur programme politique. Se cachant derrière un discours victimaire qui a ses justifications, ces individus ont surtout démontré leur manque de courage politique, d'imagination et d'audace.

L'autonomie et l'indépendance sont souvent demandés par les peuples, elles sont aussi parfois craintes. Il n'empêche qu'à un moment donné les circonstances de l'histoire font de ces possibilités non plus des désirs ou des peurs, mais des réalités brutales, incontournables dictées par les circonstances du moment.